mardi 8 mai 2012

Pour un pont, bien chez moi, je ferais n’importe quoi…


Attention, sujet sensible et stratégique. Qui n’a jamais vécu la lutte glaciale pour obtenir le jour de congé qui va transformer une minable RTT en très attendu « Pont », ne peut comprendre. Un petit jeudi de repos, contre un jeudi-vendredi-samedi-dimanche, soit plus de jours de congés que de jours travaillés dans une semaine. Et ça, c’est un peu l’eldorado du salarié.
Il y a les pros du pont, qui calculent tout des mois à l’avance et qui prennent tout le monde de cours. Il y a ceux qui ont déjà réservé leur week-end, donc il leur faut absooooooooooooooolument ce jour ; ceux qui n’ont pas de nourrice qui doivent obtenir cette journée sous peine de venir avec les mouflets. Il y a les soûlants à temps partiel, qui n’ont même pas besoin de poser une journée pour obtenir le fameux pont, ou qui en ne posant qu’une seule journée, se font tranquillement une petite semaine de vacances.

Se pose alors la fameuse question de la « permanence ». En gros, qui va galérer à venir alors que tout le monde chez lui dort encore profondément, pour se faire chier toute la journée parce que l’ensemble des interlocuteurs habituels feront le pont, eux. Si on a la chance d’avoir un stagiaire dans le service, celui-ci se voit aussitôt reconnus des progrès fulgurants qui le font passer d’esclave incapable, à étudiant responsable qui peut tenir le service seul pendant cette journée fatidique. Non ce n’est pas une punition, encore moins de l’opportunisme, c’est pour le récompenser de son implication dans le service et une opportunité énorme pour lui.
Si vous n’avez pas de stagiaire et que vous êtes intérimaires, vous pouvez commencer à paniquer, la permanence est pour vous. En contrat à durée déterminée depuis peu, vous pouvez aussi oublier le week-end en amoureux, c’est cuit.

Là où il est plus difficile de trancher, c’est quand il n’y a que des CDI. La logique voudrait que l’on se partage le calendrier. Naïfs que vous êtes, nous ne sommes pas dans un monde parfait, nous sommes en entreprise. Les critères sont donc objectifs et totalement liés au mérite de chacun, seront donc privilégiés :
-        la manager : elle a une vie elle, et puis avec tout le boulot qu’elle abat elle a le droit et puis de toute façon elle est ligotée à son blackberry donc joignable, donc ça ne compte pas.
-        La fayotte : trois semaines qu’elle le travaille au corps, elle l’a bien mérité aussi…
-        La pleureuse : là, tout le monde est ok parce que si elle chougne ne serait ce qu’une fois encore, l’ensemble de l’équipe pourra se (re)souder pour la frapper,
-        La harpie : parce qu’elle fiche la trouille à tout le monde et plutôt renoncer à son pont plutôt que d’affronter sa colère.

Bref, ne resteront que ceux qui, voulant être diplomates et faire régner une bonne ambiance au bureau se porteront volontaires. Ceux qui adorent bosser sans personne pour être tranquilles. Ceux qui visent plutôt le pont suivant et qui pourront brandir cet argument pour l’obtenir.
Et celle qui, bêtement, devra renoncer à son week-end avec beaux-parents et enfants à cause de son obligation de tenir la permanence. Et ça c’est ballot.

PS : toi qui est manager et qui a peur d’affronter tes troupes, une piste pour toi. Dis à ton équipe que tu veux les responsabiliser, que tu es pour un management participatif et que tu préfères leur laisser la main pour désigner dans le calme celui ou celle qui tiendra la permanence.

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