Attention, sujet sensible et
stratégique. Qui n’a jamais vécu la lutte glaciale pour obtenir le jour de
congé qui va transformer une minable RTT en très attendu « Pont », ne peut comprendre. Un
petit jeudi de repos, contre un jeudi-vendredi-samedi-dimanche, soit plus de
jours de congés que de jours travaillés dans une semaine. Et ça, c’est un peu
l’eldorado du salarié.
Il y a les pros du pont, qui
calculent tout des mois à l’avance et qui prennent tout le monde de cours. Il y
a ceux qui ont déjà réservé leur week-end, donc il leur faut
absooooooooooooooolument ce jour ; ceux qui n’ont pas de nourrice qui
doivent obtenir cette journée sous peine de venir avec les mouflets. Il y a les
soûlants à temps partiel, qui n’ont même pas besoin de poser une journée pour
obtenir le fameux pont, ou qui en ne posant qu’une seule journée, se font
tranquillement une petite semaine de vacances.
Se pose alors la fameuse question
de la « permanence ». En gros, qui va galérer à venir alors que tout
le monde chez lui dort encore profondément, pour se faire chier toute la
journée parce que l’ensemble des interlocuteurs habituels feront le pont, eux.
Si on a la chance d’avoir un stagiaire dans le service, celui-ci se voit
aussitôt reconnus des progrès fulgurants qui le font passer d’esclave
incapable, à étudiant responsable qui peut tenir le service seul pendant cette
journée fatidique. Non ce n’est pas une punition, encore moins de
l’opportunisme, c’est pour le récompenser de son implication dans le service et
une opportunité énorme pour lui.
Si vous n’avez pas de stagiaire
et que vous êtes intérimaires, vous pouvez commencer à paniquer, la permanence
est pour vous. En contrat à durée déterminée depuis peu, vous pouvez aussi
oublier le week-end en amoureux, c’est cuit.
Là où il est plus difficile de
trancher, c’est quand il n’y a que des CDI. La logique voudrait que l’on se
partage le calendrier. Naïfs que vous êtes, nous ne sommes pas dans un monde parfait, nous sommes en entreprise. Les critères sont donc objectifs et totalement
liés au mérite de chacun, seront donc privilégiés :
-
la manager : elle a une vie elle, et puis avec tout
le boulot qu’elle abat elle a le droit et puis de toute façon elle est ligotée à son
blackberry donc joignable, donc ça ne compte pas.
-
La fayotte : trois semaines qu’elle le travaille
au corps, elle l’a bien mérité aussi…
-
La pleureuse : là, tout le monde est ok parce que
si elle chougne ne serait ce qu’une fois encore, l’ensemble de l’équipe pourra
se (re)souder pour la frapper,
-
La harpie : parce qu’elle fiche la trouille à tout
le monde et plutôt renoncer à son pont plutôt que d’affronter sa colère.
Bref, ne resteront que ceux qui,
voulant être diplomates et faire régner une bonne ambiance au bureau se
porteront volontaires. Ceux qui adorent bosser sans personne pour être
tranquilles. Ceux qui visent plutôt le pont suivant et qui pourront brandir cet
argument pour l’obtenir.
Et celle qui, bêtement, devra
renoncer à son week-end avec beaux-parents et enfants à cause de son obligation
de tenir la permanence. Et ça c’est ballot.
PS : toi qui est manager et
qui a peur d’affronter tes troupes, une piste pour toi. Dis à ton équipe que tu
veux les responsabiliser, que tu es pour un management participatif et que tu
préfères leur laisser la main pour désigner dans le calme celui ou celle qui
tiendra la permanence.
J'adoreeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee
RépondreSupprimer